La Petite Histoire

La maternité…

juin 18th, 2010

J’ai contracté une assurance décès aujourd’hui.

Pour ma fille.

Et « les enfants à naître ».

Le Carnet Rouge numéro 2 de Mathieu Simonet vient d’être adopté par ma fille de 2 ans.

Je raconterai ici sa vie.

Sa vie de carnet.

Je ne sais pas si ce carnet pourra être assuré en cas de décès de ma part.

Il est le petit chat de la maison.
En attendant.

Ce matin, j’ai fait de la méditation taoïste

juin 17th, 2010

A 8h30.

Comment je pourrais arrêter de relier les points de la vie ?

Je pense qu’il faudrait que je le fasse, mais je ne peux pas m’en empêcher.

Avant-hier, je racontais la fois où j’avais découvert Pierrick Sorrin en 1995. Ma plongée dans l’art contemporain, la découverte d’une des rares réponses que j’avais trouvée au sens de la vie.

Et ce matin, à 10h30, je prends un café avec quelqu’un, qui, à l’époque n’avait pas pu me recevoir lors d’un rendez-vous que j’avais pourtant réussi à décrocher.

Et je lui raconte ma vision de l’art et ce qu’il est possible et intéressant, à mes yeux, d’en faire. Comme ce spectacle donc.

Et je lui parle de cette exposition de 1995.

Il me répond alors, en toute évidence comment n’y ai-je pas pensé quelle tarte je suis, qu’il connait bien cette exposition puisque c’était lui qui en était le commissaire.

Si j’étais illustratrice, je sais très bien quelle expression j’aurais alors dessinée.

Ces trois points de suspension et cette tête d’ahurie que je suis. Cet air de cruchasse que je suis aussi. Et ce vide interplanétaire qui s’en est suivi et qui n’a pas duré trop longtemps finalement.

Et surtout ces points qui se sont, une fois de plus, reliés, les uns avec les autres. Comme ça, dans l’univers, au milieu de ce café de l’Industrie, à 10h30 après ma méditation taoïste.

En attendant, hier soir, je voulais vous dire que je suis allée voir une pièce que je vous conseille car elle est rudement bien, drôle, hyper bien jouée et vraiment très chouette, ça s’appelle « Des Amours » écrite dans les années 30 par Dorothy Parker mise en scène par une fille drôlement sympa (sisi je la connais, c’est la sœur d’une amie alors tu vois), et les 3 comédiens sont vachement bons. Heureusement que je ne suis pas critique de théâtre, mais n’empêche que comment dire plus que ça : ils jouent vraiment bien. Tu vois. Et si tu achètes directement en ligne, ça te fait la place à 10 euros.

Le théâtre des Artisans se trouve dans un immeuble moderne près du canal de l’Ourq. C’est à dire qu’à la place d’avoir un 3 pièces cuisine, nous avons une billetterie, une scène, des chaises, un rideaux et des coulisses.

Et j’ai reçu mes places pour le Festival d’Automne.

Demain, la suite du « Carnet Rouge » de Mathieu Simonet (la photo est une fois de plus déformée à la publication de l’article, je suis comme Pierrick Sorrin qui a arrêté de chercher comment on retouche une photo numériquement)

Et en PS, j’ai envie d’ajouter que si mon grand père qui a pris cette balle dans la tête, un 17 juin 1940, ne s’en était pas sorti grâce à la force qui fait ce qu’il est, ben rien. Juste tous les 17 juin, tous les ans, je me réveille en me demandant quel est ce jour si particulier dans notre famille. Et de tous ces tabous émotionnels qui nous empêchent, à tous, d’en parler, depuis 60 ans, et de cette histoire répétée, il y a 30 ans. Et dont on ne parle toujours pas. Malgrè la mort qui, cette fois-ci, s’en est suivie. Et du fracas familial qui en a découlé.

« l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » Robert Filliou

juin 15th, 2010

C’est en lisant cette citation à la fin du texte écrit par Pierrick Sorin que tout m’est revenu.

Je sais, j’ai tendance à souvent parler du passé. Mais c’est parce que je tire des traits entre les points inscrits il y a 15 ans et ceux d’aujourd’hui. J’espère en avoir bientôt fini avec toutes ces liaisons qui quadrillent ma vie. Je pense que bientôt vont s’écrirent les prochains points que je relierai peut-être dans 15 ans, à nouveau.

Cette phrase de Robert Filliou, je n’ai jamais réussi à inscrire les contours qui permettraient de dessiner, dans ma tête, la signification exacte que je voudrais lui donner. Cette phrase elle tourne en rond dans ma tête depuis des années. Pour moi, l’art c’est la vie et vice versa. Je ne peux pas concevoir mon quotidien autrement. Tout n’est qu’expérience, performance et matière à réflexion. C’est de cette façon-là que je donne un sens à la vie et que je reste en vie.

C’est à 18 ans que j’ai découvert le travail de Pierrick Sorin. C’était au CAPC Musée d’art contemporain de Bordeaux, et c’est avec cette exposition que j’ai plongé à pieds joints la tête la première dans l’art contemporain. J’étais resté des heures à regarder chaque vidéo en boucle. J’avais adoré ces expérimentations, du quotidien justement. Il m’avait fait rire et il arrivait à rendre beau le moindre geste insignifiant.

Alors, ce soir, en allant voir la pièce « 22h13 (ce titre est susceptible d’être modifié d’une minute à l’autre) », j’ai tracé un nouveau trait. Avec le passé. Aujourd’hui, ces artistes qui avaient la trentaine à l’époque ont maintenant 50 ans. Ses cheveux ont grisonné. Il n’a plus la tête du jeune artiste un peu crade dans son atelier. Ça m’a un petit peu ému (mais ça va, je n’ai pas pleuré cette fois, oh scoop).

Son travail, comme savent le faire les plus talentueux des artistes plasticiens de l’avant-garde contemporaine, il l’a extrapolé et magnifié.

Au théâtre du Rond-point (décidément, depuis « Palace » avec Valérie Lemercier à la télé, Jean-Michen Ribes, je le kiffe encore), donc, il nous est donné à voir une mise en abîme de l’artiste au travail dans son atelier dans un spectacle magique et c’est super (à un moment donné ça me soule d’essayer de faire des phrases sympas qui donne envie d’aller voir le spectacle).

Il s’agit donc du travail de Pierrick Sorin interprété par Nicolas Sansier qui en fait, se raconte au travail. Nous assistons alors à un jeu de mise en scène plastique à travers des vidéos et des projections vidéos et un mur bleu, des incrustations et des théâtres optiques. Il nous a même parlé de cette fameuse vidéo, que j’avais vue au CAPC mais il nous l’a pas montrée longtemps parce qu’elle est caca.

Alors c’est joyeux, les plus snobs rieront quand il ouvre une boîte de petits pois. N’empêche c’est un vrai spectacle hyper maîtrisé et surtout c’est une façon drôlement tu vois quand c’est grand brillant et intelligent de transformer une œuvre d’art dans un carré blanc en spectacle au théâtre du Rond-Point.
J’ai retrouvé mon Pierrick Sorin de mes 18 ans et je suis sortie de là, la tête dans les nuages. Comme cette femme qui avait oublié de mettre son casque sur son scooter.

En revanche, j’ai encore subi les frasques mal élevées et peu distinguée d’une vieille blonde uvéiée insupportables (elle avait de grandes jambes m’a-t-elle dit de façon peu discrète cette cruchasse).

Je ne vous ai pas raconté le trait que j’ai tiré en voyant Anne Brochet que j’adorais à l’époque de « Cyrano de Bergerac », un film des années 90, quand je m’étais retrouvée à côté d’elle dans un avion qui revenait de New-York, NY où j’avais fumé de l’herbe avec ma soeur chez Silas avant de prendre l’avion et que j’avais rigolé durant tout le trajet en essayant de dire à cette comédienne combien je la trouvais belle etc. Et aujourd’hui elle était assise par terre parce que c’était une petite salle, et que elle était arrivée tard et que les places n’étaient pas numérotées. Et voilà. A la fin, je ferai un dessin de mes traits reliés de points en points. Ou je ne sais pas ce que je ferai.

Le carnet rouge

juin 14th, 2010

Alors la femme vêtue de la robe de mariée fabriquée à partir d’un des carnets de Mathieu s’est approchée de moi et elle m’a donnée le carnet rouge numéro 2.

Je considère cet acte comme un cadeau inestimable.

C’est un carnet rouge. Moleskine. Ma passion pour les Moleskine n’a plus aucun secret pour ceux qui me connaissent un peu.

Je l’ai gardé entre mes mains.

Je ne l’ai pas ouvert.

Il est comme neuf.

J’ai pris le métro pour rejoindre Renaud, à St Paul.

Dans la ligne 7 qui partait de Riquet, Riquet, station qui a vu naître ma passion pour Paris, quand j’avais 17 ans et que je venais visiter tous les musées de la capitale, avec mon amie Gaëlle, et quand on pouvait rester des heures devant un tableau de Kandinsky.

Cette station dans laquelle je n’étais jamais retournée depuis le milieu des années 90.

Dans ce métro, j’ai ouvert le carnet. Des papiers en sont tombés. Ce carnet est resté intact jusqu’à maintenant. Il n’y a pas de tricherie. Mathieu a acheté ce carnet, il a écrit dedans pour la première fois le 20 juin 2009. Ça va faire un an.

Il y a une adresse, un code de porte, un numéro de téléphone. Je pourrais faire mon enquête. Retrouver cette personne qui vit à cette adresse. Qui connaît surement Mathieu. Mais Sophie Calle l’a déjà fait il y a bien des années.

Alors j’ai lu les premières lignes de la première page. Et tout se fait écho. Le carnet rouge. Moleskine. Riquet. Un an. Sa mère. La mienne. Ma maternité.

L’écriture, les pages volantes.

Je pense faire la psychothérapie de ce carnet.

Je pense écrire à mon tour sur ce carnet.

Je pense le donner à ma fille.
Je pense surtout l’adopter, comme on adopte un petit chat. Et dont l’enfant se prend de passion pour.  Jusqu’à son prochain abandon.

ps : un jour viendra et je saurai pourquoi ma photo est systématiquement déformée lors de la parution de l’article. Un je saurai changer ma photo du titre, et un jour, peut-être je m’achèterai un livre sur comment arrêter de s’emmerder sur Wordpress avec son blog et son tableau de bord… J’y crois.

Le journal intime (dans tous ses états)

juin 12th, 2010

Une nuit, J’ai fait un rêve. Il y avait un éléphant en peluche. Ma mère venait me voir. J’étais malheureuse. Il y avait de l’orage et ma cousine m’avait annoncé la signification du mot « enculer ». C’était en 1985.

A mon réveil, l’éléphant de mon rêve était réel.

Mathieu Simonet.

Le jour où il a emménagé avec son ami, ce dernier lui a notifié que tous ses carnets prenaient beaucoup trop de place.
Des journaux intimes, des carnets de notes. Des carnets.
Alors Mathieu a décidé de les détruire.
Et d’orchestrer l’assassinat de ses propres carnets.

Les tuer, tous, un à un, les uns après les autres.
Il en a parlé autour de lui.

Quelqu’un lui a soumis l’idée de confier ces assassinats à des complices.

Mathieu Simonet a alors donné ses carnets à des tas de gens qui ont aidé à la mise à mort de ces carnets.
Mise à mort qui s’est peu à peu transformé en réappropriation.

Un couturier a alors fait une robe de mariée à partir des pages d’un des carnets.

Un parfumeur en a créé un parfum.

Un carnet a été caché dans une œuvre de Donald Judd.

Un autre a fait le tour du Monde. En 80, jours à peu près./

Aujourd’hui, je suis allée au 104, à l’occasion de Paris en toutes lettres.

Pour la lecture de passages du livre de Mathieu Simonet Les carnets blancs qui raconte cette histoire de ces carnets./

Aujourd’hui, Mathieu Simonet proposait de confier 5 autres carnets à 5 autres personnes qui proposeraient la destruction de ces 5 carnets restant.

J’ai donc levé la main. J’ai pris la parole. Et devant tout le monde, exercice outrement périlleux, j’ai décrit ce que je comptais faire d’un de ces carnets s’il m’était confié l’honneur de transformer un de ces carnets.

Et contre tout attente, Mathieu Simonet m’a donné un de ses cinq carnets.

Ce carnet est maintenant chez moi, sur la table du salon, qui brille comme un soulier.

Puis je suis allée écouter Olivier Adam. Et demain, je vous raconterai à quel moment j’ai pleuré. Cependant, quand j’ai lu, en 2000, je vais bien ne t’en fait pas j’avais déjà pleuré comme une truie (avant le blabla glam mais réussi du film). Et aujourd’hui, lorsqu’il nous a fait l’honneur de lire les premières pages de son futur roman, je me suis pris 10 ans dans les dents et j’ai vu qu’il avait à peu près mon age, et qu’il venait surement du même milieu social que moi.

Pour info, c’est à peu près là que j’ai pleuré. Comme une truie. Encore une fois. Seule, dans le noir, comme j’en ai tant l’habitude.

Epoustouflant

juin 11th, 2010

« Alors que je roule dans un désert depuis plusieurs jours, à l’horizon se dessine une minuscule silhouette au milieu de la piste… Un enfant, il est là immobile, ses yeux fixés sur moi. Il est là depuis le début de l’humanité… »

Il fait chaud, lourd. Ma fille geint, râle, pleure.

Chéri, lui, préfère créer son compte sécurité sociale en ligne.

La maison est un vaste chantier.

Quand je dis maison, c’est évidemment une façon de parler.

L’eau boue, la télé vombrit ses inutilités de l’accès prime time.

Les fenêtres obligatoirement ouvertes et alors on ne s’entend plus.
C’est l’effervescence du jeudi soir dans la rue.

Les éternels jobi joba sont toujours là. C’est un vrai comique de situation cette histoire-là. L’absurde vient côtoyer mes oreilles et ma tête (cf un vieil article de la petite histoire que je ne mets pas en ligne)

Et j’aime ça.

Une grande femme blonde parle fort et se rappelle le jour où elle a investit ce théâtre. Elle est ridée par le soleil, se fait remarquer en restant très longtemps debout avant de s’assoir.
Son amie fait des blagues bêtes.

Puis le noir se fait.

Et j’aime aller au théâtre, seule. Le plus souvent possible. Découvrir des artistes que je ne connais pas. Ne pas savoir ce que je vais voir, simplement aimer le théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, l’affiche et rien d’autre. Juste un indice, un conseil.

Et l’époustouflant qui se passe alors me bouleverse. Et m’émerveille. Sauf cette grande femme blonde qui demande à sa copine si elle veut s’en aller, ou pas ?

Voyageurs Immobiles de Philippe Genty

Je suis allée voir « Voyageurs immobiles » au théâtre du Rond-Point.

Le monsieur qui sourit

juin 10th, 2010

Ce matin dans le métro, à la station République, tout le monde entre dans la rame et c’est à celui qui arrivera à s’assoir le premier avant tout le monde, après les avoir tous niqués. Moi je m’en fiche, à Saint Sébastien Froissart, il n’y avait encore personne.

Puis vient cet homme, là, qui court comme les autres, pour s’assoir.

Et il se jette sur la place assise, là, devant moi. De ce fait, il vole la place à une femme, et enceinte, qui plus est. J’allais me lever pour lui laisser ma place à cette femme enceinte quand j’ai compris sa non réaction de colère, il restait une seule place encore libre, dans le carré d’à côté (je ne vais pas au boulot tous les matins, je suis de bonne humeur, je n’avais pas beaucoup de trajet à faire et je sais ce que c’est que d’être enceinte, alors oui, je laisse ma place aux femmes enceintes, aux vieillards et aux vieillardes -ce qui me vaut parfois des embrassades de leur part oh que vous êtes gentille madame et en général ces mêmes vieillardes restent debout, finalement bref).

De l’usage du métro quand on est soi même dans de bonnes conditions physiques et mentales.

Et c’est alors que je lance mon regard à ce monsieur, un regard accusateur, un peu culpabilisant. Tentant de lui faire passer le message selon lequel c’est un goujat mal élevé blabla.
Et là, le type, me fait un sourire qui m’a totalement déstabilisée, troublée, puis gênée.

Alors j’ai regardé mes chaussures, la voisine enceinte, la fenêtre, et à chaque fois que je prenais une bouchée de mon pain d’épices petit déjeunal, je pouvais lire à travers mes yeux que j’ai sur le front et sur les temps, son sourire s’élargir de plus belle.

J’ai tenté, en 3 stations de comprendre la situation. J’ai affronté son sourire pour essayer de lire dans ses yeux son message. Message qui change en fonction de ce qu’il montre à travers ses vêtements (oui, parfaitement, ceux ci font le moine), et les accessoires affublés qu’il porte.

Tous les signes étaient là pour me dire que ce cher monsieur était soit :

- tombé amoureux de moi tel le coup de foudre qui n’arrive jamais (dommage, il ne ressemblait pas tellement à brad Pitt, ça c’est con ça)

- en train de me reconnaître parce qu’il s’agissait d’un oncle lointain, d’un ex prof de biologie du collège (plus âgé que moi le gars) ou parce que ma tête est visible dans les moteurs de recherche et qu’il est un fan inconditionnel de Xavier Veilhan…

- complètement taré, un malade mental, un allumé comme il y en a tant

En découvrant son Libé dans les mains qu’il tentait de lire (il ne pouvait pas et me sourire bêtement et lire son journal), son costume tout neuf, tout propre et tout repassé, sa petite serviette en cuir et ses chaussures bien mises, j’ai opté pour toutes les suppositions ci-dessus en ajoutant un + à coup de foudre car il lisait LIbé. A cause du détail Libé. Le détail Libé m’a un peu rassuré. Il ne lisait pas ces vieilles pourritures gratuites qui racontent les chiens écrasés.

J’ai donc réfléchi très très vite et j’ai failli lui demander pourquoi il me souriait ainsi (il me souriait encore à ce moment-là).

J’ai encore réfléchi et j’ai failli alors lui dire d’arrêter de me regarder et de me sourire comme ça car c’était très gênant.

Puis je n’ai pas osé parler. Alors quand nos pieds se sont effleurés, ce n’est pas du tout devenu érotique, simplement, nous avons eu une bonne raison de nous regarder et de nous dire oh pardon, non c’est rien, je vous en prie. Et là, PAF, il m’a encore sourit. Du coup, moi, à cause du Libé, j’ai souri en retour, mais je lui ai bien fait comprendre, à travers mon don certain pour la transmission de pensées, que je ne comprenais pas la raison de son emportement.

J’ai donc décidé, car la vie est trop courte et le métro trop souvent mal intentionné, de lui sourire aussi, tout en lui faisant toujours comprendre que je ne savais pas pourquoi il n’arrêtait pas de me sourire, et quand je suis partie, je lui ai dit aurevoir, je me suis retournée pour voir s’il ne m’avait pas suivie, mais non, il est con, il aurait dû aller au bout de son histoire mais ça c’est les mecs ils commencent un truc et ne finissent jamais.

J’ai pris son sourire, pour faire nianian, je l’ai mis dans mon for intérieur, je l’ai pris, je le garde et je lui en donne aussi un peu mais pas trop parce que je ne sais pas ce qu’il en ferait (un peu comme le marché où je ne vais plus car maintenant mon maraîcher me propose tout le temps un café, mon mec veut lui casser la gueule, je ne sais jamais comment on gère l’amicalité qui semble sincère des hommes parce qu’en général si tu ne finis pas dans leur lit tu passes pour une allumeuse et si tu refuses leur sourire, tu passes pour une connasse prétentieuse alors que simplement se faire entendre dire, enfin recevoir des « putains que vous êtez canon ce matin madame vous dégagez un truc hyper sexy », c’est tout simple, ça mange pas de pain, ça a le mérite d’être clair et ça fait plaisir pareil sans toutes les questions autour).

Tu vois.

Ps : je ne sais toujours pas changer la photo du header OK ?

La liberté

juin 7th, 2010

Pour moi, la liberté, c’est tous les jours qu’on travaille pour y accéder un peu plus.

La liberté est rare et il faut se battre pour la conquérir.
La liberté est un processus.

Pour moi, la liberté c’est me libérer de tout ce qui n’est pas moi. Me débarrasser de tous mes carcans éducatifs et familiaux tout en ne gardant que le bon pour moi.

Ma liberté, c’est demeurer actrice, créative et contemplative de ma vie. Ben c’est pas facile. Et encore, j’ai le luxe de vivre dans un pays libre, en paix et démocratique. Et là aussi, c’est tous les jours qu’il faut rester vigilent pour que ça ne s’arrête jamais.

Comme le président

mai 13th, 2010

Je me pose une question.

Une grande émotion à côté d’une grande fragilité. Toujours dissimulée derrière un grand éclat de rire.

Parce que ma grand-mère me disait qu’il fallait toujours avoir le sourire.

Et puis le jeudi matin, je vais parfois au marché. Le dimanche matin, de moins en moins.

Alors je suis un petit peu triste. Beaucoup de questions en fait. Un peu plus d’une. Finalement.

J’aime les étals du marchand. Les produits de saison, les produits du bout du monde, les campagnes électorales, la vie de quartier, la fraicheur et les gens.

Le café devant lequel je passe tous les jours. Que des hommes dans ce café. C’est un vieux bistrot qui sent encore la cigarette mêlé au Ricard, même à 7 heures du matin.

Et à chaque fois, mon maraîcher me donne des fruits, il me fait crédit, ne me fait jamais payer vraiment ce que ça coute,  il me montre les photos de son fils, puis m’offre des fleurs à la naissance de ma fille. Il me demande si ça va. Dans un français si imparfait que je n’ose comprendre ce qu’il me demande.

Puis il me demande si vraiment, ça va.

Il trouve, en ce moment, que j’ai l’air triste.

Et puis il veut m’aider.

Ce matin, avec ma fille, il me propose un café. Je ne sais pas pourquoi j’accepte. On va dans ce café au Ricard aseptisé des cigarettes.

En traversant la rue, je me dis que je ne suis pas bien dans ma tête. Puis j’entre. Je croise l’autre maraîcher, celui qui est bio, celui qui vend ses courgettes 1 euro pièce. Lui, quand j’ai du travail, j’aime bien lui acheter ses produits de saison sans insecticides.

Ma fille joue. Il n’ose pas trop me regarder. Moi je ne comprends toujours pas très bien ce qu’il me dit. Il a 35 ans. ça fait 11 ans qu’il travaille sur les marchés et en 11 ans il n’a pris que 2 mois de vacances.

Il se lève tous les matins à 4h.

Il va à Rungis, il vend ses trucs, il range, je ne sais pas, il déballe.

Mais il parle doucement, il me demande où est mon mari. Il me demande si ça va avec lui parce qu’il s’inquiète, il ne le voit jamais.

Puis il me demande ce que j’ai. Pourquoi je ne vais pas bien. Il me dit qu’il est là pour moi, il me donne son numéro de téléphone, je peux l’appeler n’importe quand, comme un ami. Un véritable ami il précise.

Moi, d’un coup, je ne trouve plus du tout la situation caustique. Je suis juste émue. J’ai d’un coup envie de pleurer.

Comment un inconnu du marché peut me dire un truc pareil. Avec tant de sincérité ? Même si je le connais depuis 4 ans. Ou 5. Je ne sais même pas.

C’est comme au Maroc, où ceux que tu rencontres n’ont pas du tout ni envie de te casser la gueule dans un coin de rue, ni envie de te braquer, ni même envie de te séduire. Ils sont dans le partage et dans tous ces trucs tellement cons quand tu veux raconter ça, justement.

Alors je me force à ne surtout pas pleurer.
Heureusement il faut qu’il retourne travailler. Moi je lui raconte que c’est difficile à cause du travail en ce moment. Il ne comprend pas et de toutes façons ne me croit pas.

Je prends son numéro.

Et je lui demande son prénom.

Il s’appelle Nasser

starr wars et le marchand de légumes

mars 18th, 2010

Et ils sont tous là, avec leur costume de Jedi, franchement à la con. Leurs cheveux longs. Même pas second degrés.

Puis tu as ceux qui sont déguisés en clowns de l’Empire. Moi ça me dépasse.

Heureusement ce n’était pas la folie totale, Bercy n’était même pas plein. Ils avaient tous leurs sabres lasers. Ceux qui l’avaient oublié ont pu en acheter des petits à surement très cher aux points de ventes souvenir.

L’orchestre phillarmonique de Londres, c’est énorme, ils sont tous là pour jouer le tadam de Dark Vador et la foule en délire.

Chéri qui a des frissons et la chair de poule. Moi j’ai mal aux cervicales parce que je n’ai pas acheté les places de l’orchestre. Je veux bien qu’on se foute de ma gueule mais il y a des petites limites.

Et la lumière s’éteint, le spectacle va commencer sous peu. Ils allument leurs sabres lasers (je mets des S partout). C’est joli.

Ça me dépasse toujours quand même.

En revanche, ce qui m’a fortement épatée, c’est le robot CBU (C2quelque chose) incarné non pas par des motion capture comme on pourrait le croire, comme pour Avatar, mais non, incarné par un comédien surement très connu des sabres lasers, qui arrive sur scène et qui va nous raconter l’histoire de far far away.

Et là, c’est là que moi je suis un peu émue. C’est de voir ce type, depuis 30 ans, qui vit à travers ce robot doré. Le voir qui gesticule et surtout se déplace comme son robot, son costume.

Pour moi, la guerre des étoiles, c’est la soirée du réveillon du jour de l’An. Mes parents qui me laissent avec mes cousines, qui vont à leur bal costumé des années 80 et la compagnie Créole, ma mère qui trompe mon père avec Robert et qui est là, tout aussi déguisé que les autres.
Et qu’est ce qu’il y a à la télé ce soir ? La guerre des étoiles sur FR3, comme l’année dernière. Comme l’année prochaine. Et un réveillon de merde de plus.

Et 150 fois plus tard, le seul que je reconnaisse vaguement c’est le robot. Les robots, le grand et le petit.

Et là, le grand, il est là, sur scène, à nous raconter cette histoire que demain j’aurai déjà oublié.

Et aujourd’hui, au marché.

Je n’ai pas d’argent.

Alors mes maraîchers m’ont tout offert. Et m’ont même proposés de me prêter du cash.

Ça vaut toutes les Louboutin de la terre entière.